Comment parler de Contra : Hard Corps sans Castlevania ? C'est comme parler de Snk sans Neogeo ou de Starsky sans Hutch. Alors que peut bien nous réserver ce Castlevania version Megadrive ? Encore un jeu qui fit débat à l'époque, détournant une grande partie des fans de la première heure et attirant les autres joueurs qui n'étaient pas plus fan que ça. Etant né avec une totoche Sega et Snk, je dois dire que les Castlevania sur ces consoles se font des plus rares surtout sur Neogeo puisqu'il n'y en a aucun, c'est Nintendo qui avait le privilège de les accueillir. Mais en 1993 Konami change de bord ou plutôt élargi ses supports de travail et ce fut une excellente nouvelle pour moi.
Surtout que Konami savait qu'il y avait une différence entre les joueurs pro Nintendo et pro Sega donc les conversions de ses jeux s'en ressentent fortement. Comment dire... les jeux sur Super Nintendo dégagent un côté mystique alors que sur Megadrive c'est le côté Arcade qui est à l'honneur et c'est sur ce point que ce Castlevania se détache de la série. Tout comme Contra : Hard Corps, cette conversion est plus orientée vers l'action, l'ambiance est différente, moins Ghouls'n Ghosts en fait. Moins de mondes dans la nature, pas de forêts sombres et autres joyeusetés du genre. On passe le plus clair de notre temps dans les bâtiments. En détaillant plus en avant, on traverse les ruines du château de Dracula, l'Atlantis, la tour penchée de Pise en Italie, une sorte d'usine en Allemagne, le palais de Versailles en France et on finit dans un château en Angleterre.
La version SFC était en grande partie orientée plates-formes alors qu'ici on se retrouve face à un jeu de plates-formes / baston. 2 persos au choix :
- John Morris et son fouet mais qui ne tournoie plus. On peut s'accrocher au plafond, latter en diagonale ou en bas lorsque l'on est en l'air. Le fouet est upgradable jusqu'au fouet électrique. Le petit détail du fouet qui touche dans le dos apporte beaucoup, ce sont des petits détails comme ça qui font les grands jeux.
- Eric Lecarde et sa lance qui à l'inverse latte en diagonale au sol et qui possède une particularité bien tripante : Eric s'en sert comme d'une perche sho ryu ken. Une lance qui est aussi upgradable avec une flamme au bout une fois au maximum. En maintenant le bouton feu on peut faire tournoyer la lance à la Billy Kane, très efficace contres les tirs ennemis.
A cela ajoutez les armes supplémentaires : la hache, la potion et le boomerang qui possèdent plusieurs levels de tirs et qui vous mangeront quelques cristaux (des cristaux qui sont légions dans le jeu à l'image des rings dans Sonic) en fonction de la manip'. Par contre si vous êtes au maximum level de votre arme, c'est la bonne grosse magie qui explose toute vie à l'écran. Le choix de l'un ou de l'autre des persos, les chemins seront quelques peu différents mais rien d'exceptionnel non plus. Techniquement c'est du Konami, parfait. Que ce soit l'Atlantis et ses effets de miroirs dans l'eau, la tour de Pise qui reste pour moi le stage le plus réussi de bas en haut, le sommet achève le tout avec le système de rotation. L'usine tranche avec le reste du jeu pour son ambiance mais aussi ses passages assez mouvementés, on y affronte même Frankeinstein ! Le château de Versailles est le plus beau, comment ne pas s'émerveiller devant les effets de lumières qui traversent les vitraux ? C'est le stage qui transpire le plus l'esprit même de la serie Castlevania, il vous fera penser au magnifique stage de Blue Mary dans Fatal Fury 3.
Quand au dernier stage, il est à l'image de ce Castlevania : original. Les phases de plates-formes sur fond de 4 plans indépendants décalés est hallucinant, j'en ai perdu des vies à ce stade. La phase suivante est plus simple, tout est à l'envers, on marche au plafond et bien sûr les commandes sont inversées. Bon il est vrai que 6 stages ca fait peu surtout pour un jeu de 16 megas... 2 stages supplémentaires n'auraient pas fait de mal.
Les musiques, si elles sont un peu moins mélodiques que Castlevania 4, profitent des capacités du processeur sonore Yamaha et sont donc plus pures. Que diantre il n'y a guère que Snk pour nous offrir des OST aussi bon ! Ils sont entrés dans la légende des musiques de jeux et si on écoute bien on peut entendre une certaine similitude avec les musiques de Sparkster Megadrive dans certains cas. Les grands orgues lors de la fin d'un stage restent emblématiques. Bon il y a tout de même un point qui divise les joueurs : la maniabilité. Elle est pour certains trop rigide, mais je leur dirais que c'est propre à la série. Moi j'adore la jouabilité au contraire qui est impeccable à mes yeux. Toutes les mesquineries qui subsistaient à l'époque ne servaient qu'à attiser la plus grande guerre de consoles qui soit. Perso j'ai découvert la saga avec ce titre et y'a pas, c'est mon préfére avec Dracula x sur Sega Saturn. Dois-je rappeler qu'il faut éviter la version Pal qui a reçu son lot de censure ? (comme c'est original). Bon il est clair que ce Castlevania tient plus la comparaison face au Vampire Kiss de la Super Famicom (qui m'a coûté bonbon à l'époque) mais je préfère et de loin cette version Megadrive sans aucune mesquinerie et en toute objectivité. Encore un jeu qui me fait dire que la Megadrive est plus puissante que la Super Famicom (plus de 15 ans après, ça le fait de relancer ce débat non ?).
Ce Castlevania Megadrive, tout comme Contrat : Hard Corps, est un épisode inédit dans la série. Il conserve l'aspect lugubre des mondes et l'atmosphère macabre sur fond de musiques gothiques signées Konami et à la poubelle cette maudite guerre qui vise a voir les différences avec les versions SFC ! L'important est le fun, je prend toujours mon pied à ce jeu.
Un opus incisif à l'image de la Megadrive, mon préféré de la saga
Pour discuter du jeu c'est ici.
_________________________________________________________________________


Vampire Killer (J)
Castlevania : The New Generation (EUR)
- Année: 1994
- Editeur: Konami
- Genre: Action / Plates-formes
- Info+: La rom fonctionne sur Everdrive.
Nous sommes en 1994, alors que le raz de marée Super Nintendo bat son plein et que Nintendo se paie le luxe d'avoir de nombreuses exclus diffusé a travers le monde et que la PC Engine de NEC jouit de la même chose mais avant tout dans les terres intérieur du Japon, une petite console fait de la résistance et sont petit bonhomme de chemin... Il s'agit de la Megadrive ! Quoi qu'on en dise, SEGA a souvent été le propre responsable de son succès. Souvent dépassé par la concurrence en terme de budget, de ventes et d'exclus, c'est avant tout grâce a leurs créations et à leur travail qu'ils ont réussi a convaincre les éditeurs que leur machine était compétitive et qu'ils avaient tout intérêt à lâcher du lest en ce qui concerne le phénomène d'exclusivité, et c'est exactement ce qui c'est passé ici avec Castlevania.
Je crois que si SEGA n'avait pas pondu des jeux comme Sonic ou Streets of Rage prouvant ainsi que la Megadrive était capable de grandes choses, la console n'aurait pas fait long feu. Il faut dire qu'au départ, elle faisait un peu flipper, avec des jeux en 3 couleurs et des animations saccadées digne d'une Master System. Difficile d'y croire, tant pour les éditeurs, que pour le consommateur... A l'instar d'un gros éditeur comme CAPCOM qui c'est enfin décidé à sortir des Street Fighter sur la Megadrive, Konami se lâche donc enfin en 1994 en produisant un épisode inédit de Castlevania (l'une de ses grosse licence de l'époque), sur la machine de SEGA et qui jusque là était une exclu Nintendo et NEC. Cependant, si l'amour entre SEGA et KONAMI n'a jamais été grand, il faut tout de même souligner qu'en 1993 Konami avait signé en exclusivité pour la Megadrive l'un des meilleurs jeu de plates-formes de l'époque : Le fameux Rocket Knight. L'un des softs qui a largement contribué a prouver que la console était véritablement capable de vous foutre des tartes dans la tronche en terme de graphismes et de gameplay.
Mais quand est-il de ce Castlevania ?
C'est ce que nous allons essayer de voir ici, grâce à ce petit test qui n'engage que moi. Entrons, lance en main, dans les détails du jeu...
- Graphismes : 15 sur 20.
Konami ce contente ici du minimum syndical. Alors qu'une année auparavant ils avaient tout défoncé avec Rocket Knight et que la machine de SEGA était déjà passé à la vitesse supérieure, il nous propose ici une adaptation de Castlevania aux graphismes plus proche d'une NES que de la SNES. Toutefois, les codes et l'ambiance d'un Castlevania sont respectés, à défaut d'avoir mieux ont a ce qu'on a...
- Animation : 15 sur 20.
Ici encore, on est dans le minimum syndical, malgré quelques petit efforts ici et là... Si l'animation et correcte et que ça clignote moins que sur NES, on est encore loin du résultat qu'on obtient sur SNES et il est clair que là aussi les capacités de la machine n'ont pas été exploitées. Les environnements sont tellement peu vivants et animés que quand ça arrive, ça en devient presque choquant...
- Gameplay : 15 sur 20.
...Minimum syndical... Quoi que un peu moins frustrant que l'épisode SNES où le perso est vraiment très lent avec des phases de plates-formes qui peuvent devenir un vrai casse tête. Ici ont manipule un avatar plutôt dynamique, et le jeu est moins périlleux dans ces mêmes phases de plates-formes. Cependant il n'y a aucune vraie trouvaille ni de véritable révolution en terme de gameplay et d'armement. C'est du pure Castlevania sauce NES.
Le premier niveau du jeu. De quoi vous donner une idée des graphismes, de l'animation et du gameplay sachant que rien n'évoluera vraiment au fur et à mesure des niveaux
- Sons et musiques : 17 sur 20.
J'ai presque envie de dire qu'on est encore dans le minimum syndical...
Si les thèmes musicaux sont dans la plus pure tradition d'un Castlevania, c'est à dire de très bonne facture, ils ne sont pas aussi épiques et marquant que dans les épisodes NES et SNES.
Bon... J'arrête de vous faire peur, histoire de vous prouvez que les musiques en jettent quand même voici un extrait :
- Durée de vie : 15 sur 20.
Il s'agit sans doute d'un des plus facile Castlevania en 2D. Le jeu nous propose deux personnages dont l'un pouvant aller dans des zones où l'autre ne peut pas, mais rien de transcendant non plus. Le jeu est plutôt facile dans l'ensemble mais se corse sévèrement dans les 2-3 derniers levels. Un système de password vous permet cependant de choisir les stages, ce qui rend le soft assez facile a finir en fin de compte. Malgré le manque d'ambition général, il faut aussi avouer que cet épisode de Castlevania a des petits airs de "reviens-y".
Le niveau 5, casse vraiment le rythme. Ici ça devient vraiment super dur... J'ai d'ailleurs choisi cette image sans ennemies, de peur que Eric se fasse tuer en posant pour vous. Franchement se serait vraiment dommage qu'il soit déjà mort avant que vous eûtes le temps de le voir en photo
- Scénario : 20 sur 20...
Oué, c'est trop cool, t'es dans un Castlevania et tu tapes dans des vampires....Mheu... Enfin j'veux dire, sur des squelettes et des bestioles bizarres avant tout, les vampires c'est pour la fin ! Gnééééé !!
On ne peut pas dire que cet épisode jouit d'un scénario très fouillé, je crois même qu'il s'agit de l'un des Castlevania les moins scénarisés de toute la série... Mais bon en même temps, c'est pas trop grave.

C'est l'histoire d'un mec... avec un fouet...
Note finale : 16 sur 20
Face a ce Castlevania, il ni y a que deux réaction possible:
- Soit on hurle au scandale, tant cette adaptation Megadrive aurait pu et dû être beaucoup plus ambitieuse.
- Soit on la prend comme telle, comme une parenthèse, en se disant que finalement ses petits airs de jeu NES n'ont vraiment rien de déplaisant.
Après tout, qu'importe le flacon, du moment qu'on a l'ivresse. Si cet épisode Megadrive peu provoquer quelques frustrations au final, il n'est pas si mal et est loin d'être désagréable.
Pour discuter du jeu c'est ici.